• Système de jeu : Chroniques Oubliées Fantasy
  • Univers : Val-Tordu et Borderive (de Hero Kids) PEGI7
  • Maitre de jeu : Bertrand
  • Casting :
    • Eléonore : Maëlla Elethian une haut-elfe magicienne,
    • Joël : Kroril Forgepierre un prêtre nain,
    • Pierre : Urd Mâcheloup un barbare humain.

Pas de divulgachage si vous êtes joueur, le scénario utilisé ici est une création originale.

Suite de l’épisode 5 : Sente anchois.

Urd est encore essoufflé. Jeune et endurant, il lui reste encore des forces pour trotter à son rendez-vous avec Paulin Futaie. Le lieutenant de la garde a une information importante à lui transmettre sur le capitaine Valto et son couteau de chasse Mâcheloup. La rue de la Crue derrière l’auberge du Hareng Salé est la plus sombre et la plus étroite du village. Urd est saisi d’un doute. Et s’il était de mèche avec Valto, et si c’était une embuscade ? Il dissimule sa lame dans sa manche, on n’est jamais trop prudent. Il faudra faire vite, car du repos il lui faudra, à lui et ses camarades. Demain matin à l’aube, il faut amener aux Bannis le chariot de vivres et d’armes au croisement de la fontaine aux fièvres sur la route vers Côteglace.

Paulin est là, dans l’étroite rue de la Crue, et fait signe à Urd de le rejoindre discrètement. Il est seul. Il regarde à droite à gauche pour vérifier que personne ne les observe. Paulin confirme que Valto n’a pas acheté ce couteau. Souvent, lorsque Valto est saoul, en fin de soirée, il se vente de la façon dont il l’a obtenu. Il n’en parle à aucun autre moment ; et sobre il nie ses propos. Ce qu’il rapporte c’est qu’il a été quelques temps dans la bande des Chênes de Fers. Ils n’ont rien de forestiers et sont plus des brigands, des trappeurs, à l’occasion esclavagistes, qui vivent de rapines et capturent et braconnent des bêtes, voir des gens, pour les revendre sur le marché aux esclaves de Port-Libre. Valto s’est toujours venté que son plus gros coup c’était celui d’un village de sauvageons dans les Aiguilles Éternelles. Il les avait endormis avec des sortes de graines et ils ont pu les capturer sans trop de pertes. Après ça, il a arrêté et c’est retiré ici dans le Val-Tordu avec femme, enfants et fortune.

Urd est sous le choc. Il veut de suite voir Valto, qui n’est pas à l’auberge ce soir et ne le sera pas car il est en charge de la garde de château Labours aujourd’hui. Le lieutenant Futaie explique à Urd qu’il ne pourra rien faire là bas car il est entouré de ses hommes. Mais ici, à l’auberge, un soir où il sera saoul c’est possible qu’il crache le morceau. Et comme Valto est une pourriture avec les gars, il pourra les retenir en cas d’altercation avec lui. Paulin, avec un sourire satisfait, précise qu’il est le second plus gradé et s’il arrive quelque chose à Valto … il sera alors en charge de la garde de Chambeau et pourra arranger les affaires d’Urd.

Mais Urd, fou de rage, reste sourd.

« Paulin t’es là ? ». Une voix appelle le lieutenant Futeai entre deux hennissements. Paulin sort de la ruelle en réajustant ses braies comme s’il s’était soulagé. C’est Kaliran, à cheval, qui demande à Paulin de prendre en charge la garde de Chambeau sur Borderive car Egregor l’a appelé pour une mission urgente. Il lui demande de surveiller les gars car il y a du laisser-aller ces temps-ci. Urd qui souhaite jeter un coup d’œil discret, trébuche contre un pavé et s’étale à la sortie de la ruelle. Paulin plaisante sur son état d’ébriété. Ce que Urd nie. Kaliran est surpris, mais pressé, il part au galop sur la route vers château Labours.

Paulin essaie de raisonner Urd. Rien n’y fait. Aveuglé par sa colère, Urd part lui aussi au pas de course sur la route du château.

Dans la nuit avancée, Urd arrive à la grille de château Labours. La herse est levée mais la grande porte intérieure est fermée. Il frappe et convainc le planton de service qu’il a une missive urgente à transmettre du comte de Chambeau à l’intendant, Egregor.

A ce moment un cavalier sort au galop de la cours et part dans la nuit. C’est Kaliran. Urd tente de se cacher mais une fois de plus trébuche ! Kaliran demande qu’on sorte ce poivrot du château puis repart au galop dans la nuit.

Le soldat est réticent à déranger l’intendant mais s’exécute de mauvaise grâce. Il faut entrer Urd dans l’antichambre de la grande salle. A ce moment Valto passe avec un autre soldat, il discute du chargement du chariot, qui est dans la cour. Urd passe à l’action : assomme le planton qui le surveillait, neutralise le soldat à côté de Valto puis l’invective : « où t’es-tu procuré cette dague ? ». Valto répond la même chose, chez un marchand il y a des mois. Urd s’énerve et passe aux poings, Valto esquive sans riposter. Les autres soldats se remettent de leurs émotions. Urd est pris d’un doute, sa rage est-elle passée, revient-il à la raison ? Il s’enfuit à toutes jambes de la forteresse.
Un groupe de cavaliers part à sa poursuite. Il se cache à temps dans les blés et rentre à Borderive tard dans la nuit par les chemins de traverse.

Les soldats sont passés chez Mr Valpray et ce dernier lui refuse le gite. C’est un notable et il ne veut pas d’ennuis, il lui demande de se livrer à la milice. Kroril intervient pour suggérer très fort à Urd de dormir dans l’étable cette nuit.

Le lendemain à l’aube, un coq s’égosille. C’est le jour du départ avec le chariot. Urd ne vient pas. Comme convenu il rejoindra le groupe sur la route vers Côteglace, histoire d’éviter la garde. Sur la place, Majan attend. Le chariot est prêt et deux gros bœufs sont attelés à un chariot à quatre roues. Il est chargé et bâché d’une toile. Majan fait l’inventaire : sacs de farine, de blé, de noix et d’orge. Un tonneau d’huile de noix pour les torches, des caisses de vieilles flèches rouillées (les réserves du château en cas de siège), des lances également, qui dépassent à l’arrière, des bandages et des couvertures. Il manque seulement la bière, apportée par un moine, tellement petit et gros qu’on aurait pu le prendre pour un nain. Il crache par terre en posant le tonneau sur le chariot : « ksépas un m’lheur de ‘pillé un bon t’neau pour ces m’dits Bannis ». Majan propose de rajouter des cordes et des planches. C’est qu’avec les orages d’hier, la route est peut-être en mauvais état. Kroril acquiesce à la bonne idée et un milicien se charge de récupérer ce matériel à l’hôtel de ville et le charge.

Les voilà partis sur la route de Côteglace. L’allure est lente mais les bœufs, Véloce et Aigri, sont costauds, et surement, ils avalent la route. Le chariot n’est pas confortable et chaque ornière blesse le dos de nos charretiers. Passé château Labours, Urd les rejoins et s’écroule à l’arrière dans la bâche pour dormir.

Maëlla a souhaité prendre Éclair avec elle, malgré qu’il soit encore malade et qu’il ait à nouveau vomi ce matin. Mais le grand air et l’aventure ont revigoré le dragonain [NdR: il  a fait 20 à son jet de constitution !]. Il sautille partout sur le chariot au grand désespoir d’Urd qui essaie rattraper sa nuit !
La route est difficile, l’entrée dans les collines puis les premières basses montagnes nécessite de descendre et de pousser l’attelage.

Photo by Conscious Design on Unsplash

Pire, un ruisseau s’est transformé en torrent et la route est boueuse. Par précaution les planches sont posées et le chariot passe dessus. C’est en poussant à l’arrière du chariot que Kroril découvre une trainée huileuse. A l’odeur, le tonneau d’huile de noix doit fuir et un mince filet s’écoule à l’arrière du chariot. Comme il est tout au fond du chariot, il faudrait décharger l’ensemble de la cargaison pour le dégager. Trop long, le groupe décide de repartir.

Quelques heures et difficultés supplémentaires passées, Éclair gréorgne (quelque chose entre un grésillement et un grognement), assit sur ses pattes arrières, il fixe au loin la route. Un claquement répétitif se fait entendre.

Quelque chose est sur la route, comme un buisson. Non ! C’est un humanoïde sous une cape verte avec une pierre à silex. Il tente de mettre le feu à la trainée d’huile de noix ! Les bourrasques qui s’engouffrent dans la vallée rendent sa tâche ardue. Il y parvient finalement et une trainée de feu remonte vers le chariot !

Kroril arrache la bâche pour la lancer à l’arrière … avec les pieds dessus il ne réussit qu’à se déséquilibrer et s’écraser lamentablement le groin. Urd se jette et prend à bout de bras le tonneau de bière pour le projeter de toutes ses forces à l’arrière et le fracasser. Ce qu’il parvient à faire et ce faisant dilue toute l’huile. On n’est pas passé loin de l’explosion.
Maëlla saute du chariot et sprinte à la poursuite de l’incendiaire, promptement suivi du barbare. L’homme s’enfuit, remonte la pente et saute de rocher en arbre, assez maladroitement il faut dire. Urd et Maëlla gagne sur lui. Mâcheloup, à portée, arme son javelot et le projette de toutes ses forces. Il fait mouche et touche le mollet. L’homme redouble d’efforts. Urd lance un nouveau javelot qui se plante entre ses pieds. L’agilité de l’elfe lui a permis de rattraper le fuyard et d’un bond majestueux elle attrape à la volée le javelot d’Urd planté, se retourne et transperce le pauvre éclopé dans l’épaule. Le javelot traverse. Il est mourant … il bave une mousse jaunâtre et dans un râle toussote « oootauuurééé viiiiincrraaa … « . Maëlla veut en savoir plus et sacrifie sa dernière potion de soin. Les plaies se referment mais l’homme, oui c’est un jeune humain, reste inconscient.
Ils décident de le ramener au convoi, non sans l’avoir ligoté avec de la corde elfique, sous le regard étonné de Kroril qui a veillé sur les marchandises avec Éclair. En le fouillant il trouve une grosse somme sur lui : une vingtaine de pièces d’or et un médaillon avec un symbole.
L’attelage se remet en route.

La luminosité faiblit. Le tonnerre se fait entendre dans la montagne. Pourtant il n’y a ni nuage ni éclair. De la fumée monte à quelques lieux plus à l’ouest. Kroril fouette les bovins.
Au détour d’un virage, sur une colline en feu c’est une bataille. Des orques refluent en traversant la route. Sur la colline, Bree est à genoux, les bras en feu. A ses pieds tous le bas de la pente est en flamme. Des corps d’orques calcinés gisent ici et là. Derrière elle des palissades tressés abritent des archers. Et des hommes aussi, l’épée au clair. Une poignée sont à terre.

Bree s’écroule, face en avant.

Plus bas un orque, la moitié du corps fumant, rampe vers Bree à la seule force de sa dague et de son bras gauche encore valide. Au ras du sol, dans la pente, aucun autre Bannis ne l’a vu.
Urd saute du chariot et court sur la route. Les archers hurlent « pas un pas de plus » mais Urd les ignore. Ils hésitent mais retiennent leur tir. Le barbare projette son javelot qui se plante à un pas de l’orque. Derrière, Maëlla remonte déjà la pente fumante en bondissant. Elle se jette sur l’orque qui arrivé au côté de Bree, lève sa dague pour l’achever. C’est celle de Maëlla qui lui transperce le cou.

Les Bannis ont compris, et toute à leur joie d’avoir repoussé l’ennemi, acclame leur chariot de ravitaillement. Mais l’heure n’est pas à la festaille. Des hommes et des femmes sont blessés, Bree est inconsciente.

Déjà Herblon, responsable de l’intendance des Bannis, crache ses ordres, fait décharger le matériel pour le mettre à l’abri dans le campement de tentes plus haut. Il s’étonne qu’un tonneau manque.
Il questionne sur cet homme inconscient ligoté. Il est aussi porté au camp. Braegonne la mère de Bree, fait porter les blessés à la tente des soins.

Konogan, le responsable de la sécurité à un mot sur ses deux hommes perdus à Borderive, Urd baisse les yeux. Mais il les rassure que cette histoire était un faux-pas et qu’il ne lui en tiendra pas rigueur, comme il l’espère de Kroril dont la blessure vient de se réveiller à la vue de cet homme.
Urd passe à côté d’un des orques, bien mort et sérieusement brulé. Son bouclier attire son attention. Grossièrement peint en blanc avec la paume de la main, le même symbole que sur le médaillon : trois bandes blanches évasées sur les bords extérieurs.

Photo by Otto Gonzalez on Unsplash

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