Vous trouverez ici le compte-rendu d’une partie de Successors jouée via TableTop Simulator en avril et mai 2021.

  •  Jeu : Successors
  •  Editeur : GMT
  •  Type : wargame stratégique piloté par les cartes en point à point sur les guerres des Diadoques
  •  Protagonistes :
    • Thibault / rouge
    • Paul / bleu
    • Philippe / noir
    • Julien / vert

Successors est un wargame sur la guerre des Diadoques que se sont livrées les généraux d’Alexandre le Grand à sa mort, pour le contrôle de l’Empire qu’il a conquis au IVème siècle Av.J.-C. Pour plus d’informations sur le thème du jeu, une excellente (et relativement courte) vidéo résume la réalité historique. Comme on le verra dans ce compte-rendu, le jeu simule très bien la période, et les retournements d’alliance successifs qui caractérisent ces quarante ans.

Voici la situation sur le plateau de jeu au départ, après tirage au sort des Diadoques (chaque joueur contrôle en début de partie deux généraux majeurs, historiques):

  • Bleu (Paul) a tiré les très puissants Cratère et Antigone, et contrôle au départ des territoires proches l’un de l’autre: la Phrygie et la Cilicie
  • Rouge (Thibault) joue Lysimaque, qui commence en Thrace, et Peithon, à l’autre bout de la carte, en Médie
  • Noir (Philippe) hérite du sage Antipater, resté en Macédoine, et Léonnatos, qui contrôle une partie de l’Hellespont
  • Vert (Julien) tire le très légitime Perdiccas, qui commence en Babylonie, et contrôle le corps d’Alexandre, et le puissant Ptolémée, qui s’est taillé en fief dans la riche Egypte.

Tours I (325 – 320 Av. J.-C.) et II (319 – 316 Av. J.-C.)
Le premier tour se passe de manière assez classique: les joueurs étendent leurs territoire avec des contrôles politiques et se toisent. Tous les regards sont tournés vers le joueur vert. Il a la possibilité de rapatrier le corps d’Alexandre en Macédoine, il commence avec deux généraux complémentaires en Egypte et en Babylonie, et il a le plus de légitimité.

C’est au deuxième tour que les choses sérieuses commencent. Cratère et Antigone, partis chatouiller le légitime usurpateur Perdiccas en Babylonie et son allié Ptolémée en Egypte, sont obligés de revenir en Anatolie pour la défendre. En effet, l’arrivée de Lysimaque, descendu de Thrace, menace la base arrière de Bleu, la Phrygie.

Avec le départ de Lysimaque d’Europe, le sage mais vieillissant Antipater a entrepris de soumettre la Thrace, avant de mourir de vieillesse, remplacé par Polyperchon qui reprend la gérance de la Macédoine, et la conquête de la Thrace. A l’est, le départ de Cratère, qui menaçait Babylone, a permis à Perdiccas de tenter une incursion en Médie, défendue par Peithon . Une sanglante bataille perdue par Perdiccas à Sousa a affaibli ce dernier, et permet à Peithon de menacer Babylone et le chariot royal (qui transporte le corps d’Alexandre), malgré la perte de la Médie, ravagée par Peukestas, allié de Perdiccas arrivé ce tour-ci.

Pendant ce temps-là, Cassandre est arrivé dans le jeu, et a entrepris de soumettre les cités rebelles de l’Hellas. Mais c’est sans compter sur l’arrivée de Leonnatos, qui revient d’une campagne à Rhodes et en Libye, et qui s’installe dans la forteresse de Carie (Smyrne) pour jouer les arbitres, en Anatolie et en Grèce, via son contrôle absolu des mers.

A ce stade, seul Ptolémée profite d’une paix relative, en Egypte et au Levant, pour manger du houmous et tenter de soumettre Tyr … Anatolie, Babylonie, le 3ème tour promet d’être sanglant. Et à n’en pas douter, certains Diadoques vont rapidement perdre leurs statuts de Champions.

Voici la situation à la fin du second tour

Rouge menace Babylone, mais vert convertit progressivement la Médie dans le dos de rouge. En Anatolie, les armées se toisent, alors que Noir prend le contrôle de la Thrace, délaissée par Lysimaque qui a traversé pour l’Asie. Vert mène sensiblement aux points, et en légitimité également.

Tour III (315 – 311 Av. J.-C.)

Après une première défaite de Perdiccas contre Peithon au tour précédent, les deux généraux orientaux remettent ça. Perdiccas et Peukestas se font littéralement piétiner par les éléphants de Peithon et son neutralisés pour tout le tour. Vert, qui menait, est désormais en mauvaise posture. D’autant que Léonnatos menace l’Egypte de Ptolémée via Rhodes, ce qui oblige ce dernier à redescendre de Phénicie pour se mettre en défense à Alexandrie.

Opportunistes, Cratère et Démétrios (fils d’Antigone, mort) en profitent immédiatement pour prendre le contrôle de la Phénicie et de la Coele-Syrie à vert. L’usurpateur vert passe un sale moment ce tour-ci ! Sentant le vent tourner, noir commence à poser ses jalons pour prendre la tête aux points. Lysimaque, flairant le danger d’un noir qui prendrait le large, (re)passe alors l’Hellespont pour menacer la Thrace et la Macédoine, territoires contrôlés par Polyperchon. Ce dernier, après hésitation, relève le défi, perd son statut de champion, mais gagne la bataille à Gallipoli.

Cratère, en fin de tour, décide de faire tuer l’héritier Héraclès, trop peu légitime pour se faire couronner. Noir termine le tour en tête, et va tenter la victoire automatique au tour IV. Un pari risqué, car la coalition anti-noir est désormais en place: Cratère et Démétrios se dépêchent de revenir en Anatolie pour contrer Léonnatos, alors que Lysimaque a reconstitué une armée à Athènes pour prendre Polyperchon à revers en Thessalie. Pendant ce temps-là, l’increvable Perdiccas refait ses forces à Babylone, bien décidé à prendre sa revanche sur Peithon pendant que tous les regards sont tournés vers le noir.

Noir est bien placé pour une victoire automatique au tour suivant, il a perdu son statut de champion. A l’est, le conflit entre Perdiccas (vert) et Peithon (rouge) continue. En Grèce, rouge va tenter de soumettre la Grèce pour se relancer dans la partie

Tour IV (310 – 306 Av. J.-C.)
La fin du tour précédent avait laissé noir en bonne position pour une victoire automatique. Las ! Dès le début du tour IV, Léonnatos tente une attaque sur une petite armée de bleu en Lykia, qui réussit à esquiver, et en profite pour rejoindre l’imposante armée de Cratère. Ce dernier, son tour venu, profite de ces renforts inespérés pour écraser Léonnatos, qui voit son imposante armée dispersée, et son leadership en Anatolie menacé. Noir perd son pari, et ne pourra pas atteindre la victoire automatique ce tour-ci.

Peithon en profite pour faire du tourisme en Médie, et reprend également Persis, tandis que son acolyte rouge, Lysimaque, prend le contrôle de la Grèce. Rouge est de retour!

Leonnatos rendu inoffensif par Cratère, vert (Ptolémée) reprend le contrôle de la Libye à noir, et fait le siège de la place forte d’Arabie. Et voilà que c’est désormais lui l’homme à abattre, car il détient encore l’héritier Alexandre IV, qui peut être couronné en début de tour V. Le renversement d’alliance est immédiat. Noir autorise Cratère à traverser la Méditerranée en passant par Rhodes, et débarque en Egypte pour battre Ptolémée. Au dernier round, vert perd donc l’Egypte, et toute possibilité de l’emporter en fin de tour.

Les cartes sont à nouveau rebattues dans cette partie à rebondissements: tous les Diadoques sont au coude à coude.
Noir a désormais bien l’intention de refuser le passage à Cratère pour rentrer en Anatolie ! Maintenant que le ménage est fait en Egypte, trop content de voir le puissant général bloqué plus au sud. Bleu est bien positionné, mais doit défendre son empire central. Vert a toujours le puissant Perdiccas, bientôt à nouveau maître de la Mésopotamie, mais Peithon est toujours dans son dos.
Rouge se refait, et Lysimaque menace la Macédoine. Tout se jouera dans le dernier tour.

Bleu empêche la victoire de Vert, en envahissant l’Egypte pour contester le contrôle, grâce à l’escorte de trirèmes offerte par Noir. Rouge a repris la Médie et a maté l’Hellas, et revient dans la partie. L’Anatolie s’est vidée de généraux, ce qui fait le jeu de Noir …

Tour V (305 – 301 Av. J.-C.)
Nous avions laissé la partie avec une alliance de Noir et Bleu, contre Vert, pour éviter que ce dernier l’emporte par couronnement d’Alexandre IV. Alliance couronnée de succès avec une sanglante défaite de Ptolémée en Egypte.

Tous les Diadoques commencent donc le cinquième et dernier tour au coude à coude. Mais Noir est bien positionné, avec un petit avantage aux points. Ainsi, pendant que ce dernier couchait ses enfants (et était donc en retard sur Discord), les autres Diadoques scellaient une alliance anti-Noir !

Mais, dès le premier round, Vert change d’avis et descend de Phénicie avec Perdiccas, plein sud, pour tenter de reprendre l’Egypte, que Cratère avait conquis à ses dépends au tour précédent ! Trop content de voir Bleu et Vert se cogner en Egypte, Noir en profite pour reprendre la Thrace, l’Hellespont, et s’attaque à la Phrygie (défendue par Bleu). Rouge fait lui du tourisme en Arménie pour gratter quelques points de victoire, en espérant que Vert et Bleu finiront par revenir à la raison pour aller poutrer Noir, qui prend le large aux points.

En Egypte, le duel entre Perdiccas et Cratère s’annonce sanglant. Plusieurs coups de théâtre influencent la bataille. Pas moins de quatre cartes rouges sont jouées d’affilée par les deux joueurs ! dont une carte de trahison avec une phalange qui change de camp, et rejoins Bleu. Finalement, Perdiccas perd la bataille (pour la quatrième fois de la partie), et meurt sur le champs de bataille !

Vert, groggy, décide alors d’enterrer définitivement l’alliance de début de tour, et envoie Ptolémée en Médie chatouiller Peithon, qui doit prestement quitter son lieu de villégiature sur les côtes arméniennes de la mer noire (et ne peut donc aller gêner Noir qui étend son emprise en Anatolie). Les éléphants de Peithon sont bien cornaqués, et ajoutent +7 à la puissance de son armée. Ptolémée prend une cinglante raclée, et Vert par la même occasion.

Pendant ce temps, Noir prend le contrôle de la Phrygie, et menace même la Cappadoce. Avec Cratère en Egypte, Bleu ne peut opposer qu’une faible armée à Noir, et préfère se retirer définitivement de Phrygie. Il se permet cependant – pour la forme – d’écraser la dernière armée de vert encore sur le plateau de jeu, à Chypre, et d’empêcher la victoire auto de Noir en Cappadoce.

Lysimaque, qui toise Noir devant Pella, n’ose pas aller défier Polyperchon à Pella, et préfère boire un ouzo en consolidant sa deuxième place. Dès lors, la victoire de Noir est inéluctable. Son avance est confortable, et il invite même peltastes et hoplites à assister au mariage de Polyperchon et de Thessalonique à Pella, pour couronner sa victoire.

Victoire de Noir avec 22 points de victoire. Noir a profité de l’absence des armées de Bleu et de Rouge, occupées à se défendre contre vert, pour prendre le contrôle de toute l’Anatolie.

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